A l’Est de la RDC, on enrôle toujours les enfants de force
A l’Est de la RDC, on enrôle toujours les enfants de force
A l’est de la Rdc, les recrutements forcés de tout jeunes enfants-soldats enlevés à leurs parents ont repris de plus belle ces derniers mois. Pourtant, officiellement, la guerre est finie et les rebelles d’hier participent au gouvernement. Ce reportage risqué dans un de ces camps d’entraînement en confirme l’existence.
Ombeni Safari a 15 ans. Frêle, affamé, il croule sous le poids d’une kalachnikov aussi haute que lui et qui pèse la moitié de son poids. Il a été capturé le 19 septembre dernier au quartier Chahi de Bukavu par le commandant Marius du Rassemblement congolais pour la démocratie (Rcd, une des factions rebelles qui participe au gouvernement de transition) alors qu’il revenait de l’école. « Nous étions trois, raconte-t-il, mes amis ont pu s’échapper, moi j’ai trébuché et l’escorte du commandant m’a attrapé. Ils m’ont fait porter leurs lourdes caisses de munitions. On a marché pendant deux jours sans repos et on est arrivé ici le 21 septembre à la nuit tombée ».
Ici, c’est au camp de Nyamunyunyi, à 36 km de Bukavu, sur la route qui mène à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. Caché dans les bananeraies, à 3 km de la route, cet ancien village d’agriculteurs a été transformé, voici 5 ans, par le Rcd en camp d’entraînement militaire. Sa vocation n’a pas changé, mais aujourd’hui ce sont des enfants âgés de 8 à 16 ans qui y sont retenus sous la férule des instructeurs de l’Anc (la branche armée du Rcd), appuyés, selon certains soldats, par l’Armée patriotique rwandaise qui les nourrit et les équipe. Ce camp est à moins de 5 km de celui qui abrite le contingent uruguayen de la Mission des Nations-Unies au Congo (Monuc).
« Il est très difficile de s’échapper, affirme un villageois des environs. Souvent, nous entendons les pauvres petits hurler sous la torture pour avoir osé réclamer leur liberté ». Le jeune Bahati Bisimwa, également âgé de 15 ans, n’oubliera jamais ses deux copains, Alphonse et Jeampy, fusillés pour avoir tenté de s’évader, début octobre. « Nous devions nous lever à 5h du matin et directement les entraînements commençaient. On devait courir des heures durant autour du camp, grimper aux arbres aussi vite que des singes, faire les exercices de tir et d’armement avec des fusils déchargés, ramper jusqu’à épuisement dans la poussière et la boue, raconte Alexis Ndushabanji, 13 ans, qui a fui la nuit il y a deux semaines, avec la complicité d’un des gardes. A 9 h, c’est le repos jusqu’à 11 h. Puis, ce sont les corvées de bois, de lessive ou de cuisine On n’avait droit qu’à un seul repas par jour, à 18 h, fait de haricots et de grains de maïs à peine cuits, et cela du lundi au dimanche ». Le père de Bahati, chauffeur de taxi, raconte l’enlèvement de son fils : « Il a été séduit par la ruse. Un soldat du nom de Jules lui a proposé de l’argent s’il l’aidait dans un travail manuel. En vérité, Jules est connu comme étant l’un des recruteurs lâchés dans la ville par le gouverneur de province en personne. L’enfant est monté dans la voiture de Jules et nous ne l’avons plus revu. » Sa mère, tout comme celle d’Ombeni Safari, est formelle : « Nos enfants sont bel et bien à Nyamunyunyi. Chaque fois que nous les réclamons, les autorités nous demandent d’attendre quelques jours, puis ils nous autorisent presque à fouiller partout dans le camp. Quand nous y arrivons avec des observateurs de la Monuc ou des activistes des droits de l’enfant, nos petits n’y sont pas, car on a pris soin de les cacher ou de les envoyer dans d’autres camps. »
Ce camp, le plus grand, avec ses 2 400 enfants enlevés à leurs familles ces derniers mois, n’est pas le seul. Selon l’Observatoire gouvernance-transparence (Ogt)qui, le premier, a dénoncé le pillage de la région, il y en a d’autres à Dutu, près de Kalehe (65 km au nord de Bukavu), à Chivanga près du Parc national de Kahuzi-Biega, à Luvungi à 80 km d’Uvira, dans la plaine de la Ruzizi.
Le 23 septembre dernier, les trente-trois délégués de la société civile du Sud-Kivu ont demandé au gouverneur de province Xavier Ciribanya Cirimwami la raison d’être de ces camps alors que la paix a été signée et que le gouvernement de transition est installé depuis trois mois à Kinshasa. Réponse : « Tous ceux qui sont entraînés dans ces camps sont des adultes anciens maï-maï et des déserteurs de la police et de l’armée du Rcd. Nous ne pouvons tout de même pas les laisser circuler, de peur que, par manque d’encadrement, ils ne sèment la terreur et l’insécurité en ville et dans les villages. » Mais un peu plus tard, il donne une autre version : « Nous nous sommes battus pendant plus de 5 ans contre les gens de Kinshasa, la confiance ne peut pas être restaurée en un clin d’oeil. »
Selon le récent rapport de l’Ogt qui a enquêté dans tout l’est de la Rdc ainsi que dans les pays voisins, une nouvelle guerre, soutenue par les Rwandais, serait en cours de préparation. Il fait état de nombreux recrutements de soldats, de mouvements de troupes, de distributions d’armes à l’instigation, entre autres, des gouverneurs du Nord et du Sud Kivu.
Lors de la visite à Bukavu les 10 et 11 octobre du ministre de l’Information, Vital Kamerhe, la société civile peu convaincue par les dires du gouverneur, a adressé au ministre un mémorandum signé par 137 personnes qui rappelle notamment « la présence des milices à Kalehe, à Katana, à Mbobero (village natal du gouverneur, Ndlr), où l’on recrute même des mineurs, et au prix de 50 dollars par recrue, l’enlèvement à Uvira au début du mois d’octobre 2003 de 40 femmes dont 12 ont été retrouvées enterrées dans une fosse commune le mercredi 8 octobre ». Un autre rapport du Réseau provincial des Ong des Droits humains au Congo (Reprodhoc/Sud-Kivu), daté du 13 octobre, exige de la Monuc, du gouvernement de transition et des organisations internationales « une libération pure et simple de tous les enfants détenus contre leur gré et contre la volonté de leurs parents dans des camps de misère ».
Kadogo, enfant des guerres d'Afrique Centrale
Soumis par
DECIDI le 13/10/2003 -
Ce magnifique titre, je l'emprunte de l'écrivain
Hervé Cheuzeville : « Cent enfants démobilisés, mille mobilisés dans
l’autodéfense à Goma »
Hervé Cheuzeville, né en 1960, en France, s’est familiarisé avec les drames en
Afrique depuis près de 15 ans qu’il œuvre pour le compte de diverses ONG
notamment l’Unicef. C’est cette expérience poignante qu’il partage avec le monde
des lecteurs au sujet de laquelle La Rédaction l’a interrogé. Car, lui comme
nous, il est venu, il a vu et il a vécu. Découvrons-le.
Les Coulisses : M. Hervé, vous venez de sortir un livre intitulé « Kadogo,
enfants des guerres d’Afrique Centrale », quelle motivation vous a guidé ?
Hervé Cheuzeville : Je viens de passer 15 ans dans cette partie de l’Afrique
notamment dans les pays ravagés par la guerre civile. A force d’accumuler les
horreurs sur les oubliés de l’Occident, petit à petit le livre s’est imposé à
moi. C’est une expérience tragique, un témoignage dur. En réalité, la goutte
d’eau, ça a été l’expérience de démobilisation ratée notamment en Ituri.
L.C. : Ratée, parlons-en, car, en 2001 vous étiez dans l’avion avec les enfants
soldats de l’Ituri. Notre journal en avait parlé créant une polémique avec SOS
Grands Lacs !
H.C. : Vous avez raison. En 2001, je m’étais occupé pour le compte de l’Unicef
de 165 enfants soldats congolais que j’ai ramenés à Bunia. La joie intense des
retrouvailles familiales n’a été que de courte durée. Car, ces enfants
démobilisés ont été aussitôt repris par les différents groupes armés de l’Ituri
et un grand nombre est mort. Dure expérience car, en quelque sorte, c’est à
cause de moi si ces enfants sont montés dans l’avion et je me sens quelque part
responsable de leur mort.
L.C. : Après l’Ituri, vous aviez démobilisé à Goma. C’est toujours la même et
dure expérience ?
H.C. : En avril 2001, nous avions démobilisé 104 enfants de l’armée de Goma. Ça
a été une démobilisation très médiatisée par le RCD. Très rapidement après
ladite démobilisation, on s’est rendu compte que 60% des enfants étaient des
interahamwe appelés mongols négociés avec le Rwanda et recyclés à Mushaki. Nous
étions le dindon de la farce. Un acte malhonnête de la part du RCD de présenter
ces enfants mongols alors qu’il gardait « les siens » loin de caméra. En juillet
2002, des enfants déserteurs se sont présentés volontairement à mon bureau. A
mon départ, une fois les 3 mois passés au centre de transit, bon nombre ont été
repris par le RCD/Goma contre leur volonté. Ces deux expériences désastreuses en
Ituri et au Nord-Kivu m’ont beaucoup affecté parce que je me sens toujours
responsable.
L.C. : En clair, c’est plus par culpabilité que vous avez écrit pour vous
défouler ?
H.C. : Oui et non, mais je dirais par responsabilité. En août 2002, Bunia tombe
dans les mains de l’UPC. Alors, j’ai décidé de rompre le silence. J’ai commencé
à écrire un article que j’ai proposé aux grands journaux français. Partout, une
seule et même réponse : Qui s’intéresse à l’Ituri ? Les articles n’ont pas été
acceptés. De 3 pages, je suis arrivé à 312 pages que voici. C’est, en réalité,
un cri du cœur, pas une œuvre littéraire ni un ouvrage académique mais
l’__expression de « trop, c’est trop » qu’il fallait témoigner.
L.C. : Votre livre ne parle pas que du Congo. Est-ce que les seigneurs de guerre
d’Afrique ont les mêmes stratégies ?
H.C. : J’ai incorporé mes expériences du Sud Soudan, de l’Ouganda, du Rwanda. Ce
sont des itinéraires comparables avec les mêmes genres de stratégie, même genre
d’initiation sanglante. C’est-à-dire forcer une nouvelle recrue enfant à
commettre des atrocités avec deux objectifs à savoir, l’endurcir et rendre son
retour en famille impossible, liant ainsi son sort à celui des seigneurs de la
guerre.
L.C. : Comment expliquez-vous ce goût des enfants à caresser la kalachnikov ?
H.C. : Il y a deux scénario. D’une part, le recrutement forcé individuel ou
collectif allant jusqu’au rafle dans des écoles et d’autre part, l’enrôlement «
volontaire ». Dans ces pays où il n’existe plus d’école et où sévissent les
crises économiques, les enfants sont dans l’oisiveté. Le prestige (imitatif) de
l’uniforme tente. Mais il y a pire, la pression communautaire sur une savante
propagande insidieuse demandant à chaque famille d’envoyer un enfant pour
défendre la communauté. Une fois, l’enfant est recruté, on fournit des drogues,
de l’alcool pour leur permettre de commettre des atrocités. Par exemple, Gaston
l’un des enfants soldats démobilisés, était chargé d’exécuter les prisonniers
dans un état second.
L.C. : Vous qui démobilisez, remarquez-vous un changement d’état (intérieur)
dans ces enfants ?
H.C. : Oui. Chaque enfant se rend compte qu’il est tombé dans un piège et au
fond de lui-même, nourrit le désir de retourner à la maison et de rentrer à
l’école mais il faut casser en lui l’emprise psychologique de la peur. Car,
chaque enfant reste au fond de lui-même un enfant. Il faut les mettre dans un
cadre où ils peuvent évacuer les horreurs.
L.C. : Hervé, vous avez connu des seigneurs de guerre et avez discuté avec
certains. Un portrait robot. Qu’est-ce qu’un seigneur de guerre ?
H.C. : Dans des circonstances normales, c’est une personne qui aurait continué à
vendre le haricot au marché et on n’en parlerait pas du tout. Adolph Hitler
était un mauvais peintre. Il serait mort dans l’oubli total or les circonstances
de la guerre l’ont propulsé à un niveau inimaginable jusqu’à commettre des
crimes industriels. Les seigneurs de guerre ne l’auraient jamais été si les
circonstances n’avaient pas été ce qu’elles ont été. Deux facteurs les ont
élevés. D’abord, le réseau maffieux dans l’ombre qui propulse (facteur interne)
et enfin, après l’invasion (il n’y a pas de rébellion), l’envahisseur a créé des
pseudo rébellions pour légitimer sa présence. Des gens se sont vendus et ont
surgi en seigneur de guerre. Ils seraient morts ignorés, des leaders de la
collaboration, des personnages avec lequel il faut compter aujourd’hui intégrés
dans le gouvernement de Transition.
L.C. : Revenons à Goma où il y a le langage de l’auto-défense. Y-a-t-il une
démarcation entre enfants soldats et auto défense ?
H.C. : Au nord-Kivu (RCD/Goma) 100 enfants démobilisés, mille (1000) enfants
mobilisés hors caméra au nom de cette auto-défense. Il n’existe aucune frontière
entre autodéfense et l’armée de Goma (ANC). Pour eux, la démobilisation, c’est
de la poudre aux yeux qui permet aux seigneurs de guerre de se donner une image
de respectabilité et de responsabilité.
L.C. : Selon vous, quel est le remède pour mettre fin au phénomène Enfants
soldats ?
H.C. : Il faut démobiliser, toujours démobiliser, garder les enfants dans des
centres de transit, les remettre en famille à la seule condition d’assurer le
suivi. Car, ce qui manque, ce sont des programmes post-démobilisation (école,
métier …). Le remède reste la réintégration par l’éducation.
L.C. : Quel sort devrait-on réserver alors aux seigneurs de guerre, à votre avis
?
H.C. : Je ne souhaite la mort de personne mais qu’ils puissent demander pardon
aux populations martyrisées, aux enfants abusés. La réconciliation nationale
doit être basée sur le pardon réciproque car nul n’a le monopole de la
souffrance. En RDC, une Commission Vérité et Réconciliation où tout le monde
viendrait exprimer ses souffrances et dire celles imposées aux autres vaut la
peine. Le processus actuel ne doit pas être limité au partage du gâteau mais à
un pardon réciproque sur base duquel le nouveau Congo doit être fondé. Il ne
faut pas que les seigneurs de guerre deviennent des « Excellences et Honorables
» laissant les victimes comme des oubliés de la paix alors qu’elles doivent être
parties prenantes dans le processus en cours.
L.C. : On risque de vous taxer d’idéaliste, de rêveur, non ?
H.C. : Si tel est le cas alors qu’ils se retrouvent tous à La Haye, Arusha… je
leur enverrai un exemplaire du livre pour méditer. Rehema Dejjü, c’est le
premier garçon tué des 165 enfants soldats que nous avons ramenés en Ituri.
LRA LEADERS’ S POSSIBLE PROSECUTION BY ICC
Let me begin with a personal confession: ever since we, the religious leaders of Acholi, started with direct contacts with the LRA in July 2002 in order to lure them and the Government to the negotiating table we have had plenty of moments of anguish and very few of joy. One of such rare moments of rejoicing took place in June last year. After after some weeks of patient telephone contact with one of the rebel commanders, he agreed to release three young people. Later on he continued sending us some more until it reached the number of fifteen. When the first batch came to us I was overjoyed to discover that I knew one of the boys. For the sake of his right to anonimity, let us say that his name is Patrick.: He was abducted in 1998 and five years later he had been given the rank of Captain. I know Patrick’s parents very well –so many times his mother came to my office just to cry in front of me- and I rushed to tell them the news. The reunion in Gulu was moving. Some days later we were in their home, or more exactly in a place away from their real home in Acholi, celebrating a thanksgiving Mass for the child who had returned. Patrick is now in a Secondary School, resuming his studies interrupted five years ago. I cannot say anything else about him, because he asked me to hear him in confession. As I gave him the absolution tears run down my cheek. I am usually a rather cold person, but in that occasion I was overwhelmed by emotions thinking how great God’s mercy is –so different from “human justice”- and how we were all responsible for not been able to protect Patrick and about 30,000 more children abducted by the LRA in the last ten years. At that time I thought he was the one who should have given the absolution to me and many others.
On the following day, one of Patrick’s parents’ neighbours who had attended the prayer asked me to come to see them. They shared with me their pain of one of their missing children. Let’s call him David. Abducted in 1996 from the same village as Patrick’s, they had recently received information about the LRA group he was in, commanding as a Major. They requested me to do whatever I could and once more I felt powerless, with so many desperate parents probably expecting too much from us.
As I read the recent news about the International Criminal Court’s chief prosecutor Luis Moreno Ocampo announcing that the tribunal’s first case will target the Ugandan rebel leaders, I couldn’t help wondering whether boys (and girls) like Patrick and David, with senior ranks in the LRA, will be soon issued with international arrest warrants. Will they fall under the category of “rebel leaders”? Or perhaps the prosecution will be only for the top leaders. Which top leaders? The highest ranking LRA commander whom I have ever met face to face was Tabuley. Forget about some of the misinformation you may have read that he was with the UNLA or that he was from Teso. The last time I met Tabuley, in March last year, he was hardly in his early twenties. He was abducted in the late eighties from his village in Palabek, escaped in 1991 only to find that his parents had been killed by the Government troops and out of anger he re-joined the rebels and quickly became one of the most notorious commanders, with the rank of brigadier. Some of the children I met who used to be his captives shared with me how he used to tell them not to worry, he himself was abducted like them and one day they would also get used to life in the bush.
The LRA has showed such a brutality and has spread so much unbelievable terror that anybody raising any objections about their leaders’ possible prosecution –or about the much-announced intended amendment of the Amnesty Law- would immediately appear as a human monster without any consideration for moral values who condones the most horrible criminal actions. I don’t think that is the point. We, the religious leaders, have also had more than our share in suffering from the rebel violence, and we have many times condemned their actions. We have never had any blind corners for their crimes. But,as it happens with almost anything else in this 18-year old war that official versions say is over but that reality shows that refuses to go away, things tend to be more complicated than what meets the eye. One of the things I have learnt living in Acholi for so many years is to regard simplistic arguments with mistrust. I have already put my case that a good number of such “rebel leaders” have personal stories that would make them be more victims than perpetrators. No need to say more about it.
Nevertheless, there is more than that: The issuing of such international arrest warrants would practically close once and for all the path to peaceful negotiation as a means to end this long war, crushing whatever little progress has been made during these years at the expense of running tremendous risks. Obviously, nobody can convince the leaders of a rebel movement to come to the negotiating table and at the same time tell them that they will appear in court to be prosecuted. Let me bring a well-known example: Why is it that such a high-ranking war criminal as Radovan Karadiz has never been arrested even though his whereabouts are well known? Just because nobody from the international community wants to put Bosnia’s fragile peace process at stake. As simple as that. The Uganda process is even more fragile. Perhaps we should look at some other cases in the African continent and ask ourselves: what is so different about the Ugandan case that disqualifies it for a negotiated solution?
Moreover, taking the indictement to its last consequences, would the Government of Uganda also consider taking the Sudanese Government to the ICC since for many years they armed, trained and sheltered the LRA in its terrirory and gave them the means to commit their crimes?
Finally, I would like to add that in my personal experience, together with some other members of Acholi Religious Leaders’ Peace Initiative (ARLPI), the biggest stumbling block to a peaceful solution to the war in the North –very difficult, but not impossible- is the deep mistrust that the Government of Uganda and the LRA have for each other. To be fair, I would say that to gain the LRA’s confidence has always been for a number of reasons, more difficult. In order to get over this hurdle, one of the ways we have consistently offered to them is to get guarantees for their own security through the role of the international community. If they perceive now that one of the international bodies is after them, there will be no way to convince them to come to the negotiating table with international guarantees and they are only likely to think of more and more violence (I would be most happy to be mistaken, anyway). If this becomes the case and the violence escalates, I am afraid that more and more children like Patrick and David are likely to be forced into the LRA ranks and become one day “rebel leaders”. Is there no other way to break this deadly cycle once and for all?
It is a pity that after September 11, with the new fashion ideology of “fighting world terrorism” it has become more difficult to advocate peace by means of dialogue and those of us who consistently do so are always at the risk of being regarded with suspition.
If other people who are in favour of the LRA prosecution by the ICC –whose views I do not share, but I do respect- would like to answer to these reflections of mine I would be happy to hear from them. I would only beg them to do so with arguments, and not with adjectives.
Fr. Carlos Rodríguez, Advocacy Officer. ARLPI
We, the religious leaders from Lango, Teso and Acholi, have come together to pray and reflect about the current situation in Northern and Eastern Uganda. We have done so to strengthen our unity, console the victims and encourage all our people who are going through endless sufferings.
STATEMENT BY THE RELIGIOUS LEADERS FROM LANGO, TESO AND ACHOLI ON THE CURRENT SITUATION IN NORTHERN UGANDA
· Looking at events that occurred in the last few weeks, especially in Lira, we reiterate our commitment to work with our people, Acholi, Lango and Teso. We appeal to them to live in peace and good neighbouriliness and desist from any action that may lead to inter-tribal tensions.
· We realise that the main problem which remains unsolved after 18 years is to put an end to this conflict. Whenever LRA, UPDF or civilians die Uganda as a country is losing. Often we hear figures of rebels killed and we realise that in a number of cases innocent abducted children lose their lives in these armed confrontations. To end this cycle of violence we still favour the use of peaceful dialogue, with a third party mediation, as the best means to end this suffering. In light of the recent Parliament’s declaration, we appeal to the Government of Uganda to declare the North a disaster zone and to ask the international community to intervene to end the war.
· The intolerable and dehumanising situation of almost two million displaced persons needs to be urgently addressed. These camps, inadequately protected, have become breeding grounds for abject poverty, breakdown of cultural and moral values, quick spread of HIV/AIDS and many other evils.
· The recent massacres in Abia and Barlonyo, together with the on-going ambushes and killings are crimes that cry out to God, the giver of life. We express our deepest sympathy and condolences to all those who lost their relatives. We cannot emphasize with enough strength that human life is God’s most precious gift that must always be respected and protected with the greatest care. Once again we appeal to the Government of Uganda to protect the people and their property. In the name of God, we call on the LRA and any other forces to stop the killings of the innocent people.
Kampala, 2nd March, 2004.
His Grace John Baptist Odama, Archbishop of Gulu & Chairman of ARLPI
Rt. Rev. John Charles Odurkami, Bishop of Lango
Rt. Rev. Charles Obaikol, Bishop of Teso
Rt. Rev. Nelson Onono-Onweng, Bishop of Northern Uganda
Rt. Rev. Mcleord Baker Ochola, Ret. Bishop of Kitgum
Rt. Rev. Benjamin Ojwang, Bishop of Kitgum
Shiek Hassan Mbarak, Khadi Teso
Shiek Musa Khalil, Khadi Acholi
Shiek Ibrahim Angiro Mpira, Khadi Lango
Mgr. Lawrence Okucu, Vicar General Lira Diocese
Fr. Olugu Simon Peter, Lango Religious Forum, Lira
Rt. Rev. Justin Edweu, Teso Religious Leaders
Mgr. Matthew Ojara, Episcopal Vicar Kitgum
Ms Karima Lanyero, Women’s Committee ARLPI
Rev. Sam Okiror, Teso Religious Leaders
Fr. Julius Orach, Orthodox Church Acholi
Sr. Tarcisia Lakot, ARLPI
Fr. Carlos Rodríguez, ARLPI
Fr. Robert Ecogu, Teso Religious Leaders